Il ne fut pas le premier, ni le dernier à exposer un brouillon de la théorie de l'évolution, dont Darwin est la plus fameuse allégorie. Mais c'est cet homme qui a posé les bases les plus solides sur lesquelles Darwin s'est principalement appuyé, et a donné une valeur concrète et exploitable à la notion de biologie. En effet, le français Jean Baptiste de Lamarck énonça deux principes afin de décrire la modification du Vivant au cours du temps, très bancals, certes, mais qui, pour le milieu du 18ème siècle, n'étaient autre que révolutionnaires. Après l'avoir déconsidérer, Darwin lui vola la vedette en ne faisant pas mention de ces travaux de biologiste dans son oeuvre célèbre L'Origine des Espèces, qui lui ont pourtant apporté un aide certaine à l'élaboration de la théorie darwinienne de l'évolution. Jean-Baptiste Pierre Antoine de Monet, chevalier de Lamarck, histoire d'un héros biologiste déchu.
« Relativement aux habitudes, il est curieux d'en observer le produit dans la forme particulière et la taille de la girafe : on sait que cet animal, le plus grand des mammifères, habite l'intérieur de l'Afrique, et qu'il vit dans des lieux où la terre, presque toujours aride et sans herbage, l'oblige de brouter le feuillage des arbres, et de s'efforcer continuellement d' y atteindre. Il est résulté de cette habitude, soutenue, depuis longtemps, dans tous les individus de sa race, que ses jambes de devant sont devenues plus longues que celles de derrière, et que son col s'est tellement allongé, que la girafe, sans se dresser sur les jambes de derrière, élève sa tête et atteint à six mètres de hauteur (près de vingt pieds). "
Innovant, ce transformiste de la première heure affirma, dans sa Philosophie Biologiste de 1809 (année de naissance de Charles Darwin, tiens ?), que les espèces n'étaient pas immuables, qu'elles évoluaient de manière progressive au fil du temps. Néanmoins, cette évolution se produit, selon lui, durant la Vie de l'individu en question. Il transmettra à sa descendance ses modifications et, au fur et à mesure de changements cumulés, une espèce nouvelle naitra. Dit ainsi, sa théorie de la transmission des caractères acquis peu sembler, de manière très directe, similaire à celle du darwiniste. Néanmoins, elle met en avant l'idée de volonté de convergence. Ainsi, l'exemple le plus emblématique au sujet de cette théorie reste la célèbre girafe citée ci-dessus : l'ancêtre de cette dernière, pour assouvir son appétit dans la savane pauvre en feuillages bas, auraient volontairement allongé son cou et ses jambes dans le but de brouter la cime des arbres. Les nouveaux caractères "empilés" font apparaître la girafe au long cou et aux longues jambes que nous connaissons. Cette idée s'oppose clairement au principe de sélection naturelle, moteur que découvrit plus tard Darwin, agissant comme une passoire sur les individus. Selon Lamarck, la fonction fait l'organe. Mais on sait aujourd'hui que la réalité est inverse. On ne peut néanmoins nier que les dix années de travaux de Darwin sur l'élaboration de sa théorie étant en grande partie appuyées par la vision évolutive du transformiste.

